Avant Ella Fitzgerald ou Billie Holiday, une voix d’origine autochtone s’imposait déjà dans le monde du jazz des années 1930-1940. Qui est-elle? Avec son style unique, elle a su allier tradition et modernité, se distinguant par une voix de soprano, douce et puissante.
Voyez la photo colorisée ici : Dan Jones, Marina Amaral, « No Color Photos of Jazz Singer Mildred Bailey Existed… Until Now », sur Smithsonian (consulté le 11 novembre 2024)
Mildred Bailey, surnommée la « Rockin’ Chair Lady », a brisé les barrières et laissé sa marque en tant que pionnière du jazz.
Bien que méconnue, Bailey, avec son allure rappelant La Bolduc, a redéfini le jazz vocal et pavé la voie pour les générations futures. Laissez-vous transporter dans un parcours de vie extraordinaire.
Mildred Bailey, née Rinker, a passé son enfance dans la réserve de Cœur d’Alene. La musique bat son plein dans la demeure familiale. Sa mère autochtone était pianiste et son père irlandais, violoniste. Dans ce milieu vivant et festif, c’est tout naturellement qu’elle s’engage dans cette voie musicale. Lorsque sa mère décède en 1916, la famille déménage à Spokane.
Jeune adulte, elle œuvre comme musicienne dans différents milieux, tantôt pianiste dans les cinémas muets de l’époque, tantôt chanteuse dans des bars clandestins. Influencée par de grandes dames du jazz comme Bessie Smith et Ethel Waters, sa voix se démarque par un vibrato léger et un registre plus aigu.
Elle s’adonne à la musique et son talent s’épanouit sous les projecteurs.
Jeune adulte, elle œuvre comme musicienne dans différents milieux, tantôt pianiste dans les cinémas muets de l’époque, tantôt chanteuse dans des bars clandestins. Influencée par de grandes dames du jazz comme Bessie Smith et Ethel Waters, sa voix se démarque par un vibrato léger et un registre plus aigu. Elle s’adonne à la musique et son talent s’épanouit sous les projecteurs.
Nouvelle époque, Bailey lance sa carrière solo. Forte d’une expérience scénique amplifiée, elle collabore avec des figures majeures du jazz. Enregistrements, émissions de radio, spectacles dans les meilleures salles de bal et boîtes de nuit, tout y est pour qu’elle se produise dans les meilleures conditions et que ses hits se diffusent sur le maximum de lieux.
Elle est devenue l’épouse de Red Norvo, xylophoniste rencontré dans l’orchestre de Whiteman, en 1933. Son groupe connaît quelques difficultés et c’est tout naturellement que Bailey est introduite comme soliste principal de Norvo de 1936 à 1939 à la fermeture du groupe. Mildred Bailey et Red Norvo deviennent « Mr. and Mrs. Rhythm » ou « Mr. and Mrs. Swing » et des mélodies chantées par Bailey comme « Someday Sweetheart », « More than You Know » et « The Lamp Is Low » viennent bercer les oreilles des mélomanes de l’époque.
Source : Dennis R. White. « Mildred Bailey », sur Jive Time Records (consulté le 11 novembre 2024)
Retour à sa carrière solo, Bailey chante sur les meilleures scènes de New York dans des boîtes de nuit recherchées. En 1944, elle dispose de sa propre série radiophonique sur la chaîne CBS. Ses enregistrements se distinguent grâce à leur qualité.
De 1945 jusqu’à la fin de sa vie en 1951, elle fait quelques apparitions quand sa santé lui permet notamment à cause du diabète.
Le pianiste Teddy Wilson disait d’elle : « Mildred Bailey était une bien meilleure chanteuse que Billie Holiday ».*
Bien qu’elle ait été une star reconnue et encensée, la culture populaire a délaissé cette femme de talent. Celle qui a travaillé avec des étoiles de la scène jazz comme Louis Armstrong mérite que son génie soit redécouvert. Mildred Bailey a participé à l’éclosion de l’effervescence jazz grâce à son phrasé et ses tonalités uniques ainsi que ses influences autochtones.
L’expression authentique des émotions qui traversent les chansons qu’elle interprète en font un modèle pour plusieurs virtuoses de sa génération.
Dennis R. White. « Mildred Bailey », sur Jive Time Records (consulté le 11 novembre 2024)
« Mildred_Bailey », sur Wikipédia (consulté le 11 novembre 2024)
« A Swingin’ Time: Mildred Bailey | National Postal Museum »., sur Smithsonian | National Postal Museum (consulté le 11 novembre 2024)
« Mildred Bailey | American singer », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 11 novembre 2024)
Robert Dupuis. « Mildred Bailey | Encyclopedia.com », sur Encyclopedia.com (consulté le 11 novembre 2024)
Dan Jones, Marina Amaral, « No Color Photos of Jazz Singer Mildred Bailey Existed… Until Now », sur Smithsonian (consulté le 11 novembre 2024)
Marjolaine Portier-Kaltenbach (production). « 1ère femme à intégrer un Big Band : Mildred Bailey », sur France Musique (consulté le 11 novembre 2024)
Citation de Teddy Wilson issue de :
*« Retour en musique sur le répertoire de la chanteuse jazz Mildred Bailey ! », sur Jazz Radio.fr (consulté le 11 novembre 2024)